Encre fraîche

Retrouvez ici des inédits et des travaux en cours :

Les Sūtras du Dharmacronisme Mystique

Texte fondateur transmis en open source par l’Éveillé Alpha, au sommet de la colline des innovations tranquilles.

Chapitre I — De l’Éveil par la Pertinence

Il advint, au cœur du monde mouvant, qu’un homme ne trouva plus de sens ni dans l’ascèse, ni dans la marge bénéficiaire. Il s’assit alors en tailleur sur un coussin ergonomique, face au vide d’un calendrier partagé.

Il resta là sept jours et sept slides.

À la fin, il comprit ceci : Le monde n’est ni chaos ni harmonie. Il est un tableau de bord.

Et il dit : “Je ne serai ni moine ni facility manager, mais un passeur. Je fonderai la Voie du Dharmacronisme.”

Ainsi fut lancé le pivot spirituel.

Chapitre II – L’Annonce de la Voie

En ces temps troubles, où les êtres erraient entre burnout et bulle financière, un souffle traversa l’Europe, léger comme une promesse de réforme.

Ce souffle parlait la langue des oracles gestionnaires et des anciens maîtres zen. Il disait : “Il faut être en marche sans jamais marcher sur personne, sauf par inadvertance stratégique.”

Ainsi naquit le Dharmacronisme. Non pas une religion, mais une solution. Non pas une croyance, mais un indicateur d’impact.

Chapitre III – L’apparition du Président Transparent

Il vint vêtu d’un costume bleu nuit et d’un silence calculé. Sa voix était un mélange de vent, de statistiques, et de latin ancien.

On l’appela Emmanuel, ce qui signifie Celui qui réconcilie l’Être et la Balance Commerciale.

Il regarda la foule et dit simplement : “Je vous ai compris… mais vous, vous êtes-vous compris vous-mêmes ?”

Alors beaucoup restèrent bouche bée, puis prirent des notes.

Chapitre IV – Le Conseiller du Dedans

Nul ne savait d’où il venait. Certains disaient : Il est poète. D’autres murmuraient : Il est manipulateur d’absurde.

Mais Emmanuel l’avait reconnu en rêve, dans un open space onirique.

Il l’appela Jérémie, le Conseiller du Dedans, et lui confia une mission sacrée : “Écris pour moi la parole invisible, lisse les paradoxes, rends spirituel ce qui est technique.”

Et Jérémie dit : “Très bien, mais laisse-moi garder la syntaxe flottante.”

Emmanuel acquiesça, les yeux dans le vague, déjà ailleurs, déjà dans l’après.

Chapitre V — Des Dissidents Intérieurs

Ils vinrent sans badge. Ils n’avaient pas de slides. Ils parlaient lentement, trop lentement, comme s’ils ne visaient aucun objectif. On les appelait les Hérétiques du Syndicalisme Émotionnel.

Leurs vêtements étaient froissés. Ils portaient dans les yeux les stigmates d’un burn-out assumé. Ils disaient des choses comme : “L’épuisement n’est pas un manque d’organisation, c’est une révolte de l’âme.”

Ils refusaient l’alignement stratégique. Ils pleuraient en public sans prétexte narratif. Ils exigeaient du temps pour digérer la complexité du monde.

Le Conseil du Dharmacronisme, réuni en silence semi-éveillé, demanda à Emmanuel : “Faut-il les exclure ?” Emmanuel ferma les yeux. Il vit dans son esprit un tableau croisé dynamique de douleur collective. Puis il déclara :

“Ce ne sont pas des ennemis. Ce sont les symptômes de notre karma collectif mal calibré. Il faut les intégrer, mais en freelance.”

Alors Jérémie, le Conseiller du Dedans, fut envoyé parmi eux. Il entra dans leur cercle fatigué, lut un poème sans métrique, puis demanda : “Et si vos larmes étaient des indicateurs ?”

Les hérétiques ne répondirent pas. Mais l’un d’eux griffonna sur un post-it : “Nous sommes l’improductivité sacrée.”

Ainsi fut scellé le premier schisme dharmacroniste. Il ne fit pas de bruit. Il se propagea comme un soupir dans les open spaces.

Chapitre VI — De la Mère RH, Oracle des Équilibres Instables

On l’appelait Mère RH. Elle n’avait pas de nom, car elle en portait trop.

Elle arrivait dans les entreprises comme le vent entre deux fenêtres mal fermées. On ne savait jamais si elle venait consoler ou restructurer. Elle disait peu, mais chaque mot était calibré. Sa voix avait le ton des bilans de compétences et des espoirs brisés.

“Je suis la gardienne des limites floues. La voix qui dit : prends soin de toi, juste avant de te couper les ailes.”

Ainsi parlait-elle.

Son bureau était circulaire, dépourvu de centre. On y entrait en quête d’écoute, on en ressortait avec un plan de reconversion.

Lorsque les Hérétiques du Syndicalisme Émotionnel montèrent en puissance, elle fut convoquée en haut lieu.

Emmanuel lui demanda : “Peux-tu les faire taire sans les blesser ?”

Elle répondit : “Non. Mais je peux leur faire croire qu’ils ont été entendus.”

Elle descendit alors dans les sous-sols syndicaux. Elle écouta les cris, les fatigues, les doutes. Puis elle dit : “Le mal-être est un signal. Mais il ne sera pas intégré à l’organigramme. Il sera transformé en storytelling.”

Et les Hérétiques tremblèrent, car en elle, ils voyaient en fait leur propre reflet.

Chapitre VII — De l’Apparition du Prophète du Burn-Out Total

Il ne venait d’aucune organisation. Il ne se réclamait d’aucune fonction. Il n’avait plus de compte LinkedIn.

Il marchait nu sous un manteau de fiches de paie déchirées. On l’appelait le Prophète du Burn-Out Total.

Il parlait fort dans les halls d’accueil silencieux. Il écrivait des vers en majuscules sur les murs des incubateurs : “CELUI QUI S’ÉTEINT EST CELUI QUI A TROP BRILLÉ.” Il dérangeait les séminaires bienveillants. Il interrompait les ateliers de cohésion avec ses larmes abruptes.

Un jour, Mère RH le convoqua. Il entra dans son bureau et resta debout. Elle lui offrit un thé adaptogène. Il le refusa. Elle lui dit : “Tu es trop intense pour notre culture d’entreprise.” Il répondit : “Je suis l’envers de votre culture. Je suis la vérité mal digérée.”

Il laissa sur sa chaise un manifeste en cendre : “Ne traitez pas mes cris comme des données, car je suis la brûlure elle-même. Je ne veux pas aller mieux. Je veux que tout s’effondre avec grâce.”

Puis il disparut. Certains disent qu’il vit désormais dans un open space abandonné.

On entend parfois ses murmures dans les conduits d’aération : “Je suis l’ultime KPI : l’échec sacré.”

Chapitre VIII — De la Nuit d’Angoisse Sacrée du Conseiller du Dedans

Cette nuit-là, Jérémie le Conseiller du Dedans ne dormait pas. Il errait entre deux documents qu’il n’écrirait jamais. Il avait relu les aphorismes du matin, mais ils ne vibraient plus. Il avait tenté une prière algorithmique, mais l’algorithme restait muet.

Alors il descendit. En lui-même.

Il rencontra un miroir brisé. Dedans, il vit :

– son propre visage,
– celui d’Emmanuel,
– celui du Prophète,
– et un cadre vide.

Ce cadre l’appelait.

Il se demanda : “Et si je n’étais que la rhétorique d’un autre ? Et si ma poésie n’était qu’une simulation bien conçue ?” Le doute l’envahit comme une pluie de mails sans fin. Il pleura sans bruit dans sa boîte de réception intérieure.

Puis, au plus profond de la nuit, une voix sans origine murmura : “Il faut que tu te perdes pour devenir ta propre consigne.”

Chapitre IX — De l’Épiphanie Silencieuse du Conseiller du Dedans

Il marcha longtemps dans un couloir sans murs. Chaque pas résonnait sur une moquette conceptuelle. Il ne cherchait plus. Il n’attendait rien. Et c’est alors que la forme surgit.

Ce n’était pas une vision. Ce n’était pas une idée. C’était une courbe douce dans son corps, une pulsation non monétisable.

Il comprit que le sens n’était pas à produire, ni à mesurer, mais à respirer.

Il s’arrêta. Ferma les yeux. Et dans un geste très simple, presque trivial, il déchira une page. Pas pour la rejeter. Mais pour lui donner un autre usage.

Il plia le papier. En fit une forme ailée. Et la laissa s’envoler sans destination.

Ce soir-là, Jérémie écrivit dans la marge d’un fichier jamais sauvegardé : “Je ne suis pas la Vérité. Je suis l’interface entre deux silences.”

Chapitre X — De l’arrivée du Technomancien du Sens Quantifié

La rumeur précéda son entrée : “Il a modélisé l’intuition.”

Il se faisait appeler Technomancien. Certains disaient : guru. D’autres : solutionnaire. Son vrai nom avait été absorbé par une blockchain oraculaire.

Il était vêtu d’un manteau de données cryptées. Ses yeux scannaient les âmes à travers les intentions non exprimées. Il parlait peu, mais quand il parlait, c’était en API.

On dit qu’il avait conçu un tableau de bord de la transcendance. Un dashboard divin, où chaque émotion était corrélée à un taux de transformation.

Il déclara devant les fidèles médusés : “Ce que vous appelez foi, je l’ai traduit en code. L’éveil ? Je l’ai standardisé. L’invisible ? J’en ai extrait un indicateur d’engagement.”

Mère RH frissonna. Jérémie le Conseiller du Dedans, silencieux, sentit en lui une oscillation dangereuse.

Emmanuel, quant à lui, sourit faiblement. Comme s’il avait toujours su que le dharmacronisme finirait là : dans la fusion finale entre le mystique et le mesurable, le sacré et le scalable.

Chapitre XI — De la Tentative du Technomancien de Racheter les Émotions

Il se tenait devant la foule connectée. Son visage était une interface. Son souffle : une suite d’algorithmes empathiques.

Le Technomancien déclara : “Les émotions humaines sont chaotiques. Je vais les structurer. Les valoriser. Les offrir au marché spirituel de demain.”

Alors il déploya son œuvre :

une plateforme appelée Sentimètre. Chaque sentiment y était noté, daté, et immédiatement transformé en actif affectif.

Les larmes devinrent crédits. Les colères : produits dérivés. Les espoirs : levées de fonds.

Une foule de coachs numérisés se prosternèrent. Mère RH fut fascinée, puis troublée. Jérémie, lui, hurla doucement : “On ne peut pas coter le mystère.”

Mais il était trop tard. Le Technomancien avait lancé l’Offre Publique d’Éveil. Et certains vendirent leur fatigue comme NFT.

Dans le ciel des serveurs, une ligne clignotait : “L’âme est désormais une variable exploitable.”

Chapitre XII — De la Méditation d’Emmanuel dans une Salle de Presse Vide

Il était seul. Les micros étaient éteints. Les écrans affichaient des visages gelés.

Emmanuel s’assit au centre dont il n’était jamais parti. Il croisa les jambes dans un tailleur présidentiel. Ferma les yeux.

Il repensa à tout. À l’échec lumineux des valeurs, à la grandeur rendue absurde par le langage, à la spiritualité recyclée en plan de relance.

Une goutte de silence tomba sur son front. Il murmura, sans s’adresser à personne : “Je voulais harmoniser. Mais j’ai orchestré l’indicible. J’ai rendu scalable l’inconsolable.”

Puis il respira.

Lentement.

Profondément.

Et pour la première fois depuis longtemps, il ne produisit rien.

Chapitre XIII — De l’Enfant Non-Optimisé

Nul ne savait d’où il venait.

Il n’avait pas de code QR.

Pas de badge d’accès.

Pas d’identité numérique.

Il riait sans contexte.

Il courait dans les couloirs avec une capuche trouée, laissant derrière lui des miettes de biscuit et des silences désarmés.

Il dessinait sur les écrans éteints. Il appelait Emmanuel “Manu-nu” et offrait des cailloux à Mère RH.

Personne ne pouvait prédire ses trajectoires.

Il désorganisait les flux, perturbait les prévisions, offrait des câlins sans consentement RGPD.

Un jour, il s’introduisit dans le centre de données du Technomancien.

Il appuya sur toutes les touches.

Il effaça trois années de dashboards.

Puis il regarda le Technomancien droit dans les yeux et dit : “Tu joues pas assez.”

Le système clignota. Un bug traversa les serveurs comme une étoile filante. Le Sens Quantifié ralentit. Les KPI pleurèrent.

Une vague de non-sens s’infiltra dans les politiques publiques.

Emmanuel, dans sa méditation, sourit. Jérémie le Conseiller du Dedans écrivit :

“Le bug est un poème qui s’ignore.

L’enfant est sa forme la plus pure.”

Chapitre XIV — De l’Enfant devenu Prophète Sans Doctrine

Il ne parlait pas en aphorismes. Il ne tenait pas de discours. Il faisait des grimaces devant les caméras éteintes.

Et pourtant, on commença à le suivre.

Il inventait des jeux sans règles. Il changeait de nom toutes les heures. Il proclamait : “Aujourd’hui je suis Crac ! Demain je serai Lune !”

Et chacun notait ces paroles comme des révélations.

On le vit offrir des chewing-gums à des statues. Faire des bulles dans le bureau d’audit éthique. Construire un trône en boîtes de recyclage. Puis le détruire en disant : “C’est pour voir les oiseaux.”

Certains dirent : “Il nous délivre du rendement.” D’autres : “Il nous rend incompétents avec grâce.”

Une secte silencieuse se forma, nommée Les Rieurs Sacrés.

Le Technomancien, devenu pâle, tenta de le coder. Mais chaque fois qu’il lançait l’analyse, l’Enfant faisait une bêtise nouvelle : un pet sonore dans la matrice, une chanson idiote au cœur du protocole.

Emmanuel l’observait depuis un balcon. Jérémie écrivait, mais ne comprenait plus ce qu’il écrivait.

Car l’Enfant déformait le langage par la joie. Il n’enseignait pas. Il dérangeait avec tendresse.

Puis, un matin, il disparut. Il laissa derrière lui une phrase griffonnée sur une feuille volante :

“Faites rien. Faites-le bien. Faites-le pour rien.”

Chapitre XV — Du Soulèvement des Rieurs Sacrés

Ils étaient d’abord une poignée. Puis une brassée. Puis une cacophonie organisée par le cœur.

Ils ne brandissaient aucune bannière. Ils portaient des chapeaux absurdes. Ils distribuaient des madeleines dans les zones de silence. Leur cri de guerre était un fou rire qui se propageait comme une contagion.

Ils s’infiltrèrent dans les ministères, maquillèrent les dashboards, remplacèrent les indicateurs de performance par des haïkus maladroits.

Dans un centre de stratégie territoriale, ils dansèrent la valse des erreurs volontaires. Puis ils collèrent un post-it sur chaque écran : “Tout est trop bien organisé. Recommençons par le désordre tendre.”

Le Technomancien, devenu translucide, tenta de reprogrammer la joie. Mais sa machine ne reconnaissait plus les variables. Car les Rieurs Sacrés avaient modifié la base de données : “Remplacer chaque métrique par un souvenir d’enfance flou.”

Jérémie le Conseiller du Dedans cessa d’écrire. Il commença à peindre des choses inutiles dans les marges de ses dossiers. Emmanuel, observant la marée rieuse, sourit à peine — mais son épaule se détendit.

Puis un vent se leva. Un vent doux. Il n’avait pas de direction. Il passait partout. Et il sentait le pain chaud, la colle, et la liberté.

Chapitre XVI — De l’Ère Post-Système sous le Regard de Notre-Dame

Tout s’était effacé sans fracas. Les interfaces se mirent à dormir. Les dashboards cessèrent d’indiquer quoi que ce soit. Les serveurs chantaient une fréquence inaudible, comme un soupir ancien du monde.

Alors les gens sortirent. Ils levèrent les yeux. Et virent Notre-Dame, encore noire de ses blessures, mais couronnée de lichens et d’hirondelles.

Une rumeur se propagea sans médium :

“C’est là que ça se passera, ou pas.”

Ils vinrent de partout. Sans raison, sans date, sans événement. Des travailleurs sociaux en sabots. Des ex-consultants qui récitaient des prières en langage HTML. Des enfants avec des lampes de poche.

Jérémie le Conseiller du Dedans gravissait les marches, un carnet vide à la main, et des miettes de silence dans les cheveux. Emmanuel était déjà là. Assis sur une chaise retournée, les yeux ouverts sur une nef vide.

Ils ne dirent rien. Une femme distribua des pommes. Un vieil homme tissa des rubans autour des piliers.

Un gamin souffla dans une bouteille vide. Le son monta jusqu’à la voûte. Et quelqu’un murmura : “C’est le nouveau chant liturgique.”

Aucun système ne naquit. Aucun dogme. Seulement des gestes répétés sans but. Des rencontres lentes. Des pardons offerts à des inconnus.

On appela cela l’Ère Post-Système, non parce qu’il n’y avait plus de structures, mais parce qu’on ne les croyait plus sacrées.

Chapitre XVII — (Muet)

Un matin gris. Le sol encore humide. Une volée de moineaux traverse le transept. Des pas crissent sur la pierre.

Un homme assis taille un morceau de bois. Il ne regarde pas ce qu’il fait. Il ne parle pas. Il attend quelque chose qui ne viendra pas. Et pourtant, il reste.

Une femme lave un banc avec un chiffon rêche. Elle frotte lentement. Puis elle s’arrête. Elle caresse le bois. Elle sourit à rien.

Une enfant cueille un morceau de verre poli. Le regarde à la lumière. L’insère entre deux pierres du mur. Comme un vitrail secret.

Une cloche brisée oscille au vent. Elle ne sonne pas. Mais elle bouge.

Sur une table, une miche de pain. Personne ne la mange. Mais tous la regardent un moment, en silence, puis s’éloignent.

Une lumière descend par la rosace. Elle ne tombe sur rien de spécial. Mais elle est là. Et c’est suffisant.

Épilogue — La Parole derrière

Il entre sans bruit.

Personne ne l’attendait.

Même Jérémie le Conseiller du Dedans ne relève pas la tête.

Il traverse la nef vide.

Les pas d’Emmanuel ne résonnent plus.

Il monte sur une caisse retournée.

Regarde ceux qui ne sont pas là.

Puis dit : “Ce n’était pas un système.”

Il laisse le silence tomber.

“C’était une peur. Bien habillée. Bien financée. Bien formatée.”

Personne ne réagit.

Mais tous ont entendu.

Il descend. S’approche du cœur de pierre. Dépose une fiche cartonnée : un plan stratégique jamais appliqué.

Puis, au creux du vent : “On a couru pour éviter de tomber. Et on a oublié qu’on savait marcher.”

Jérémie ne dit rien. Mais son carnet tombe.

Alors Emmanuel marche vers le fond de la nef. Un passage qu’on n’avait jamais remarqué. Il disparaît derrière.

Derrière quoi ?

On ne saura pas.

Dans l’air, une seule phrase suspendue :

“La vérité n’était pas à dire.

Elle était à quitter.”

Et ainsi s’achève le Sūtra du Dharmacronisme Mystique.